Ashourya, la cuisine du coeur

Au tout début du boulevard National, quelques tables en bois disposées sur le trottoir indiquent l’entrée d’un des meilleurs restaurants syriens de Marseille. Tout simplement.

Mixez une cuisine familiale avec un goût certain pour le raffinement et vous obtenez Ashourya, l’une des meilleures tables syriennes de Marseille. La devanture plutôt discrète cache en réalité un établissement d’assez grande envergure, bâti sur deux niveaux. Grand mais chaleureux, tout en briques et en bois, le lieu est également habillé de quelques panneaux qui décrivent chacun une région de la Syrie. Cet équilibre harmonieux tant dans l’aménagement que dans l’assiette est le fruit d’une organisation bien huilée, celle de Majda et ses trois fils qui ont ouvert leur restaurant il y a un peu plus d’un an, quelques années après avoir quitté le chaos de Raqqa en 2013.

L’expérience démarre par le choix de la table, crucial. Si le restaurant n’est pas plein, on peut facilement y consacrer de longues minutes. Banquette, poufs ou chaises en bois ? Jolies tables en fer forgé ou plateau doré damasquiné (aux motifs et ornements orientaux) ? Akha fait le choix du bling.

Citronnades

Citron, menthe, sucre, eau, glaçons, un coup de blender et voici qu’arrivent des citronnades acidulées, sucrées, que l’on se voit boire tout le mois de septembre pour prolonger l’été à Marseille. Nos hôtes mettent un point d’honneur à ne jamais laisser la table vide : avant la commande, on patiente avec une carafe d’eau glacée, un assortiment de biscuits apéritifs et une salade de crudités fraîche et citronnée, que l’on déguste à la petite cuillère.

Quelques minutes après la commande, l’assiette « Ashourya » fait son entrée. Le plat éponyme décline les spécialités levantines : houmous crémeux au goût discret de pois chiche, caviar d’aubergines réhaussé de quelques herbes fraîches, délicieux kebbeh à la viande roulés avec précision par Majda. Mention spéciale pour les incroyables falafels saupoudrés de sumac, une épice légèrement acidulée. La panure est dorée, épaisse, croustillante, le cœur est tendre et légèrement humide. On n’a pas envie de dire « croustimoelleux », tant l’adjectif est disgracieux mais l’idée est là.

Place au kebab d’aubergines, un plat au four composé comme son nom l’indique de tranches d’aubergine, de viande hachée et de tomates disposées en cercles concentriques façon tian de légumes. L’aubergine fond instantanément au contact du palais, la viande relève le plat à coup d’herbes et de cumin, la tomate joue la touche d’acidité. On compose son coup de fourchette en jouant avec les trois textures auquel s’ajoute un riz aux vermicelles parfaitement cuit. Un sans-faute.

Les plats sont copieux mais l’on se laisse tenter par un kunéfé, un dessert servi chaud composé de kadaïf (vermicelles), de sirop de fleur d’oranger, de pistaches, de beurre et de fromage fondant. C’est à la fois doux, sucré et légèrement aigre. On conseille de le partager avec un thé ou de demander un doggy bag.

Plus que repus, on sort de chez Ashourya satisfaits et émus par cette jolie famille qui nous reçoit chez elle, sans fard. On y trouve une véritable cuisine du cœur où chaque choix, de la déco à la musique, est un hommage poignant et permanent à une Syrie désormais chérie à distance.

Ashourya

3 boulevard national 13001 Marseille

Du lundi au samedi de 12h à 00h, le dimanche de 11h à 00h.