#CoupeduMonde2018 : « Bruxelles vie » chez Werner & Co

Alors que vient de s’achever le match Belgique – Tunisie (5-2), AKHA veut vivre la « Bruxelles vie » le temps d’un repas. Et c’est autour de Noailles que se joue véritablement le deuxième épisode de notre Coupe du Monde des restos. Tandis que les restaurateurs tunisiens tels que Sidi Bou Saïd préparent le couscous, Werner propose des spécialités de sa Belgique natale.

Si vous préparez votre « bikini body », passez votre chemin. Quand on s’apprête à manger chez Werner & Co, l’unique friterie belge de Marseille, on part pour remplir – en un repas – une bonne partie de nos besoins caloriques journaliers. « Werner & « Co », c’est pour « C » et « O » qui sont les initiales de ma femme » plaisante Werner, fondateur du lieu, originaire de Charleroi et pas peu fier de son jeu de mot.  Dans son restaurant, il n’y a pas un centimètre carré qui ne soit pas aux couleurs de la Belgique : drapeaux, Manneken Pis, casquettes, calendrier à l’effigie des Diables Rouges, tout y est.

Derrière le comptoir, Kenneth, jeune mahorais que l’on prendrait aisément pour un belge tant il maîtrise la carte, se fait un plaisir de détailler le menu : brochettes de viande hachée et épicée, fricadelle de poulet (sorte de hachis habituellement au bœuf ou au porc et saucissonné façon knack) boulette de bœuf à l’ail, nuggets de fromage et de poivron pour les végétariens… On opte pour le sandwich mitraillette qui « tue la faim » explique Werner, garni de la viande de son choix.

Le sandwich mitraillette, un totem des snacks en Belgique

Pour goûter à toutes les spécialités en un repas, on décide de rassembler la fricadelle, les frites et la sauce dans un pain dit « demi-restaurant » pour 6,5 euros. Pour se faire une idée de la bête, un demi-restaurant vaut deux baguettes en termes d’ingrédients. D’une trentaine de centimètres en longueur, il se distingue surtout par sa largeur : de nombreux crocs latéraux sont en effet nécessaires pour venir à bout du sandwich. A l’intérieur, des frites préparées dans la pure tradition belge : les pommes de terre, ici des bintjes, sont successivement plongées dans deux bains de cuisson à la graisse de bœuf. Le premier bain, à 130° permet de cuire la chair de la pomme de terre. Il n’est pas réalisé sur place et est assuré par le fournisseur de Werner. Le second bain en revanche a lieu au restaurant, « à cent-septante degrés » pour cette fois-ci saisir l’extérieur de la frite et la rendre croustillante. Résultat, des frites au calibre généreux, subtilement salées, à l’intérieur charnu et dont l’enveloppe croque sous la dent. On les sort du sandwich pour faire trempette dans l’une des multiples sauces proposées à la carte. Les incontournables ketchup/mayo rivalisent avec la sauce andalouse ou la sauce Dallas, sucrée et relevée, inspirée du film Dikkenek et créée par Brussels Ketjep, l’un des plus gros dealers de sauce de Belgique. La fricadelle, moelleuse, ne se distingue pas particulièrement par son goût de poulet, pourtant peu habituel. Son assaisonnement lui confère finalement, un goût de saucisse plutôt classique.

70 références de bière pour accompagner les matchs de foot

La friterie qui compte « septante couverts » et « environ septante références de bière » (vraiment on ne fait pas exprès) est un QG des supporters de l’équipe de Belgique à Marseille. Aujourd’hui, ils sont deux au restaurant (dont Werner) mais font assez de bruit pour réveiller la calme rue Mazagran au centre-ville. Et c’est d’ailleurs pour des raisons footballistiques que Werner s’est installé à Marseille : « j’avais le choix entre Nantes, Lyon et Marseille et j’ai choisi Marseille parce que c’est un belge [Raymond Goethals, ndlr] qui a fait gagner l’OM en coupe d’Europe en 1993 » raconte-t-il.

Septante références de bières donc comme la Chimay, la Chouffe, ou la Duvel Citra, une « édition limitée » suggérée par l’hôte et qui ne se consomme pas n’importe comment. Fraîche et légère avec ses notes d’agrumes, elle tient ce goût de son brassage, réalisé avec du houblon japonais. Elle est servie dans un verre (à bière) en prenant bien soin d’en laisser deux centimètres au fond de la bouteille, là où vont se concentrer tous les arômes. On « shake » le fond et on l’ajoute à la boisson qui, initialemement transparente, se trouble instantanément. Et au goût, cela n’a rien à voir. Merci Kenneth pour la masterclass.

La Belgique aime Marseille et AKHA aime la Belgique. Après Roméo Elvis à Marsatac la semaine dernière et en attendant de voir Damso au Dôme en novembre prochain, on s’économise un Thalys pour se dépayser chez Werner, à l’intérieur ou en terrasse.

Le sandwich mitraillette et ses frites

 

Werner & CO
5 rue Mazagran (deuxième entrée au 9 rue Guy Môquet)
13001 Marseille

Service du mardi au samedi de 11h30 à 14h (14h30 le samedi) et de 19h à 22h du jeudi au samedi.

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