photo : shoes-up

Laylow : « Je suis un grand fan de Jul, c’est un artiste qui m’a inspiré » (Interview)

A l’occasion de la tournée de Laylow « Z-Tour », on a rencontré l’artiste toulousain quelques minutes avant son show à Marseille.

Dans une salle de l’Affranchi pleine à craquer, Laylow a décidé de donner l’une de ses très rares interviews à AKHA.

 

Tout d’abord, ça représente quoi Marseille pour toi, c’est une date particulière ?

Laylow : J’ai du respect pour toutes les villes que je fais en concert, mais à Marseille il y a une culture un peu différente, dans le rap il y a quelque chose qui est propre à la ville. Je suis étonné qu’il y ait autant de monde ce soir. Toutes mes dates ont été sold out, mais ici j’ai l’impression que c’est complet de chez complet.

Tu aimes le rap marseillais ? Tu écoutes des artistes de Marseille ?

Laylow : Je ne suis pas de ouf, mais j’aime toujours le délire de Marseille. À la base je suis un grand fan de Jul, c’est un artiste qui m’a inspiré, dans sa façon de prendre la musique. J’étais à Paris quand Jul a pété partout au début, il y a pleins de gens qui ont critiqué, moi je le trouve unique, et j’aime les gens uniques. Sa façon de prendre les mélodies, après évidemment y’a rien à voir entre Laylow et Jul. Si je devais donner un nom c’est Jul, respect à lui, il est trop chaud.

 

On retient que dans la paysage rap français actuel, tu es un rappeur unique, avec un univers unique. Quelles sont les inspirations qui t’aident à créer cet univers ?

Laylow : Il y a pleins de facteurs, la vie, ce qu’il se passe autour de moi, mais surtout les films. Je me bute aux films, je suis cinéphile, c’est un facteur très important. J’essaie d’écrire, de voir mes sons comme des séquences de film, dès que je commence à écouter une prod, je visualise le son. J’essaie de créer un univers autour du morceau que je vais penser, et dans les films y’a ce truc-là. Même sur scène, on essaie de créer un petit film.

Tout le délire internet m’inspire, j’adore les ordinateurs, j’aime tout ce qui est digital finalement. J’aime tous les mondes qui nous font sortir de notre monde. J’estime que je fais de la musique pour que les gens sortent de leur quotidien, pas pour les mettre dedans. Voilà pourquoi je tente de créer un univers qui fait planer, quelque chose de différent, et je m’appuie beaucoup sur le visuel.

 

Tu es le premier rappeur à mettre des soucoupes volantes au milieu d’une campagne en Mauritanie dans un tes clips. Explique-nous.

Laylow : J’ai essayé de faire un grand écart entre le futur, les soucoupes volantes, et le « passé », des zones reculées de Mauritanie où ils sont restés à l’ancienne. Quand je vais en Afrique, j’essaie de mettre ma patte dans les clips, tout en respectant les coutumes, les valeurs. On essaie de faire un petit mélange, ne pas faire n’importe quoi. La façon dont on a été éduqué, la famille, les amis, on veut mettre toutes ces valeurs dans les clips. Mon son, c’est créer une passerelle entre les valeurs de la vie quotidienne, mélangée au futur. J’espère que les gens voient les détails de ce type dans ma musique et dans les clips.

 

Tu collabores beaucoup avec des rappeurs marocains, une scène qui était déjà très développée quand tu l’as fait découvrir au public français. Comment la connexion s’est-elle faite ?

 Laylow : C’est parti d’une connexion avec un collègue, et je me suis retrouvé au Maroc en train de faire la featuring avec Madd et Shayfeen, c’est allé super vite, aujourd’hui c’est la famille, je fais même des concerts avec eux. Ça m’a ouvert l’esprit au niveau de la barrière de la langue, de ne pas s’arrêter à ce qu’on comprend pas directement. La musique est universelle grâce aux flows selon moi, ça permet de rendre audible un son en n’importe quelle langue.

Il n’y a pas que le Maroc, j’espère faire un feat avec des Européens, des artistes asiatiques, là je viens de faire un feat avec un Argentin très connu en Argentine. Si en France on arrive à être touchés par du rap dont on ne comprend pas toutes les paroles, ce sera la même chose pour un public étranger.

 

Pour terminer, quelle importance donnes-tu à ton style et à ton image ? Y’a-t-il un style « Laylow » ?

Laylow : Si je te donne les recettes point par point il n’y aura plus de surprise. Il faut tenter, il faut du nouveau. J’aime trop les habits, les belles pièces. J’aime les trucs tape-à-l’œil, les trucs qu’on voit le plus dans le magasin, mais il faut que ce soit stylé. Je porte des trucs qui me plaisent, mais je sais qu’à un moment il faudra se renouveler, aller à un autre niveau.