Marseille, le foot comme religion

À Marseille, le football est roi. Partout dans la ville s’affichent les couleurs de son club, de la célèbre Canebière aux quartiers Nord, en passant par la Corniche où le slogan « À jamais les premiers » est venu remplacer le célèbre portrait de l’enfant du pays, Zinédine Zidane. En ce jour de reprise du championnat de Ligue 1, AKHA s’est penché sur la ferveur que suscite l’Olympique de Marseille dans sa ville.

Une histoire riche et un palmarès remarquable

Si le club a été crée en 1899, l’histoire d’amour qui le lie à ses supporters a véritablement commencé en 1924, quand au pied de la gare Saint-Charles des milliers de marseillais se sont rassemblés pour accueillir les joueurs du club. Ceux-ci ramenaient alors dans leurs bagages la Coupe de France. L’OM devenait ainsi le premier club de province à remporter le trophée. Le club a depuis remporté pas moins de neuf titres de Coupe de France, neuf titres de champions de France, une coupe Intertoto, trois Coupes de la Ligue, et bien-sûr une coupe d’Europe, remportée en 1993 grâce à la célèbre tête de Basile Boli. Une fierté pour des milliers de marseillais. Le mythique stade Vélodrome est lui inauguré en 1937. Avant cette date, les joueurs évoluaient sur la pelouse du stade de l’Huveaune.

« Marseille, ville de foot par excellence »

La ferveur des Marseillais autour de leur club ne s’explique pas seulement par son histoire et les trophées remportés. Selon Ludovic Estrelin, enseignant-chercheur en sciences sociales et spécialiste du sport à l’université de Caen, l’Olympique de Marseille joue un « rôle de liant dans une ville où les inégalités sociales et territoriales sont très importantes. »

C’est aussi l’avis du sociologue Alain Hayot. Selon lui, le club phocéen comporte plusieurs caractéristiques qui lui permettent de fédérer tout un peuple. « L’OM unifie des populations qui sont différentes socialement, mais aussi du point de vue des origines et des opinions politiques. L’identification au club se confond avec l’identification à la ville et à sa population« .

D’après lui, l’Olympique de Marseille est une parfaite représentation du cosmopolitisme de la ville. « Marseille est une grande ville populaire de transit, un carrefour et son équipe de football constitue un vecteur d’intégration, notamment pour les populations immigrées. On devient souvent marseillais à travers l’OM. De plus, à une époque où l’on ne faisait pas encore venir des joueurs de l’étranger, le club avait déjà des vedettes venues d’ailleurs, comme Anderson ».

Le slogan du club, « Droit au but », est pour le sociologue un style de vie et de jeu plus qu’une simple devise. « À Marseille on aime le football offensif, spectaculaire. C’est ainsi que les Marseillais se vivent : goguenards, grandes gueules…  »

L’engouement autour du club n’est apparemment pas prêt de s’essouffler ; le stade est à guichets fermés ce soir pour le match Olympique de Marseille – Toulouse, qui ouvre cette nouvelle saison du championnat.