Shéhérazade, Marseille sans filtre

Avec Shéhérazade, le réalisateur Jean-Bernard Marlin signe son premier long métrage, plusieurs fois primé au festival d’Angoulême. Et c’est dans les rues de la ville où il a grandi, Marseille, qu’il s’essaie à ce nouveau format. 

 

Shéhérazade, c’est l’histoire de la rencontre entre Zachary, 17 ans et fraîchement sorti de prison, et d’une jeune prostituée de son âge. C’est aussi une histoire d’amour entre ces deux personnages que la vie n’a pas épargnés, le tout teinté de violence sociale. Les destins cabossés des deux personnages principaux, Zak et Shéhérazade, se croisent et se mêlent dans les rues des quartiers populaires de la ville de Marseille, très justement filmées.

Pour ce film, Jean-Bernard Marlin s’est inspiré d’un fait divers bien réel, celui d’un proxénète adolescent qui officiait dans les rues de la cité phocéenne. Le réalisateur s’est également inspiré de ses rencontres avec de jeunes prostituées du quartier de la Rotonde, âgées de 16 à 24 ans. En résulte une authenticité certaine, qui donnerait presque au film un aspect documentaire, loin des reportages sensationnels traditionnels et d’une violence exacerbée et fantasmée autour de Marseille.

Les acteurs ajoutent eux aussi à cette authenticité. Repérés lors d’un casting sauvage, il s’agit pour tous les deux de leur première expérience cinématographique. Kenza Fortas et Dylan Robert crèvent l’écran en interprétant avec justesse la jeunesse et la fougue de leurs personnages respectifs.

Une poésie certaine se dégage pour donner un film bouleversant. Un must-see.

 

L’association du film social Massilliazoom organise une projection-débat du film Shéhérazade mardi 17 octobre à 9h30 au cinéma Le Gyptis dans le 3ème arrondissement de Marseille (d’où sont issus les deux acteurs principaux).

PHOTO AD VITAM