Sidi Bou Saïd, le goût de la Tunisie

On fonce tout en bas de la rue d’Aubagne chez Sidi Bou Saïd, un restaurant nommé en référence au célèbre quartier des artistes tunisiens.

Pour le premier article food d’Akha, il était impossible de ne pas déclarer notre amour pour Noailles, qui, avec son célèbre marché, ses restaurants algériens, tunisiens et sénégalais, regorge de pépites. Tout en bas de la rue d’Aubagne se trouve le restaurant Sidi Bou Saïd fondé par Ramzi Fitouri.

A 18 ans, Ramzi quitte sa Tunisie natale pour suivre des études d’architecture à Paris. Après un court passage aux pays-bas en tant qu’architecte, « son vrai métier », il s’envole pour le Luxembourg où il installe un bureau d’étude dans un quartier animé. Très vite, il cède à l’envie de lâcher ses plans pour rejoindre les festivités du coin.  Ce passionné de cuisine lance alors ce qui sera la première version de Sidi Bou Saïd en plein centre-ville luxembourgeois. « J’adore la cuisine et je cuisine très bien ! » explique-t-il dans un éclat de rire.

Coup de foudre à Marseille

En 2010, il passe quelques jours de vacances à Marseille et tombe amoureux de la ville qu’il ne quittera plus jusqu’à aujourd’hui. A Noailles, il trouve un lieu qui séduit instantanément son oeil averti : un local libre, spacieux, avec une belle voute en pierre. « J’ai passé des mois à retaper le local douze heures par jour. Ici, cela ne pouvait être qu’un restaurant » raconte l’architecte cuistot. C’est en 2016 que Sidi Bou Saïd version Marseille ouvre ses portes. 

Un hommage à la cuisine tunisienne

Ramzi veut honorer les plats de son pays en proposant notamment une savoureuse « mloukhia ». Rarement proposé à la carte des restaurants tunisiens en France, le plat peut surprendre : du bœuf braisé une dizaine d’heures mijoté dans une sauce épaisse à la corète, une plante réduite en poudre très souvent utilisée en cuisine sur le continent africain. La viande fondante et sa sauce nappante à la couleur noire, légèrement amère se consomment avec du pain. Difficile également de faire l’impasse sur l’excellent couscous dont la semoule est plus fine – j’ose le dire – que celle de ma mère.

Parmi les entrées, des bricks au thon et à l’oeuf dressées en demi-lune. Résultat, un petit bémol pour la préparation que l’on aurait aimée plus épaisse et avec plus de farce.  On peut également démarrer le repas avec les crudités de la salade tunisienne ou la salade méchouia, douce, pour rassurer les palais sensibles. Ramzi source la plupart de ses produits frais au marché des Arnavaux dans le 14ème arrondissement.

Pour finir, le chef propose parfois une rareté : l’assida zgougou, un entremet composé d’une couche de crème de pin d’alep et d’une couche de crème de lait arrosée d’eau de fleur d’oranger, le tout parsemé de fruits secs. Une bombe calorique à accompagner d’un thé (idéalement sans sucre !)

Sidi Bou Saïd est un vrai bon plan à Noailles.  On y est accueilli par les sourires de Ramzi et de sa famille, des plats copieux et bon marché (autour de 8 euros) dans un des rares restaurants du coin ouverts le lundi.

Adresse : 8 Rue d’Aubagne, 13001 Marseille

Ouvert tous les jours de 11h à 23h.

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